Les origines

Lentille blonde de Saint-Flour

La Planèze, vaste plateau basaltique, est riche d’une terre volcanique propice à la culture de la lentille.

Pierre JARLIER, sénateur-maire de Saint-Flour

Pierre JARLIER, sénateur-maire de Saint-Flour

À son apogée au début du XXème siècle, la production de la lentille blonde de la Planèze (désormais appelée lentille blonde de Saint-Flour) atteignait 17 000 quintaux. Mais, dans les années 60, les agriculteurs se sont progressivement détournés de cette culture au profit de la production laitière.

À la fin des années 90, Pierre Jarlier décide de remettre au goût du jour ce produit du terroir oublié. Pour ce faire, il lance une recherche pour retrouver des lentilles blondes disparues depuis plus de 30 ans. C’est grâce à l’initiative de l’abbé Boussuge avec lequel il s’était entretenu quelques jours plus tôt que, répondant à une annonce du bulletin paroissial, la famille Cibiel de Cussac rapporte quelques spécimen au Conseiller général du canton. Malheureusement, après analyse, ces lentilles se révèlent trop vieilles pour pouvoir être remises en terre.

L’histoire aurait pu s’arrêter là mais c’était sans compter sur la rencontre entre Pierre Jarlier et Jean–Pierre Bonnaud, chercheur à l’INRA et « père » de la lentille verte du Puy-en-Velay.

DE SEMIS EN SEMIS… LA NAISSANCE

En 1998, ont lieu les premières expérimentations de semis de 16 variétés de lentilles blondes issues des collections de l’INRA sur les terres de Bernard Martres à Alleuzet (commune des Ternes) et Gérard Cibiel à Cussac. C’est à cette époque que la Chambre d’Agriculture, ayant pour mission d’organiser les filières autour des signes de qualité, s’associe au projet avec son conseiller, Patrick Grimault.

Michel Bras teste, en 1999, les qualités gustatives de la lentille

Michel Bras teste, en 1999, les qualités gustatives de la lentille

Afin de retrouver l’authenticité de la lentille blonde de la Planèze d’antan, une sélection agronomique, identitaire et gastronomique est organisée en 1999 associant Michel Bras et plusieurs grands cuisiniers chez Jean-Michel Cornu à l’auberge de Lanau autour des producteurs et des acteurs du projet. Trois variétés sont ainsi retenues parmi les seize de départ. Celles-ci sont, en 1999, semées sur 3 parcelles d’un hectare chacune, puis en 2000, pour la première fois sur grandes surfaces.

En 2001, seules deux variétés de lentilles blondes sont finalement retenues.

L’ENVOL

En 2001, la Chambre d’Agriculture et l’ensemble des acteurs impliqués souhaitant que la filière s’autonomise autour d’un groupement qualité, l’association des producteurs de lentilles blondes de la Planèze voit le jour. Une Association Interprofessionnelle de la Lentille Blonde est également créée permettant une organisation interne de la filière du producteur au distributeur.

La communauté de communes du pays de Saint-Flour ainsi que d’autres collectivités apportent leur contribution financière à la démarche.

En 2002, une étape importante de la nouvelle vie de la lentille blonde est franchie : la première commercialisation de la lentille blonde de la Planèze à l’occasion de la Festa del Païs à Saint-Flour.

Désormais réunis au sein des ces deux associations animées par Romain de Lavalette, tous les acteurs de la filière travaillent à la reconnaissance en Indications Géographiques Protégées (IGP) et label rouge de ce produit.

La lentille blonde de Saint-Flour a aujourd’hui largement dépassé les frontières de Saint-Flour, du Cantal et même de la France car c’est au salon du goût de Turin organisé par l’association Slow food internationale qui s’est tenu du 21 au 25 octobre 2004 qu’on la retrouvé, invitée comme « produit sentinelle » (signe de reconnaissance de la qualité du produit et de l’organisation de sa filière face au risque de disparition auquel il a été confronté).

La lentille oubliée est aujourd’hui présente à l’échelle internationale et a fêté joyeusement ses 10 ans lors de la Festa del Païs 2007 ! Que de chemin parcouru pour la lentille blonde de Saint-Flour !